Ble : Des champignons menacent les plaines de l’Ouest
Publié par Saida le Avril 09 2010 14:27:18
« Nous étions au courant du danger mais nous n’avons pas pu entrer dans les champs. Il a trop plu durant ce derniers mois… », raconte un ouvrier d’une ferme-pilote dans la vallée fertile de Mechraâ Sfa, face à plus de 600 hectares de blé infestés par la septoriose et la tache auréolée. Deux redoutables champignons...
Nouvelles étendues
« Nous étions au courant du danger mais nous n’avons pas pu entrer dans les champs.


Il a trop plu durant ce derniers mois… », raconte un ouvrier d’une ferme-pilote dans la vallée fertile de Mechraâ Sfa, face à plus de 600 hectares de blé infestés par la septoriose et la tache auréolée. Deux redoutables champignons qui menacent les prochaines moissons de la région céréalière la plus rentable de l’Oranie. Soutenus par l’ensemble des acteurs de la filière, les fellahs viennent de prendre conscience des risques encourus.


Confrontés à l’indisponibilité des fongicides, ils scrutent le ciel dans l’espoir que le temps reste clément et que la pluie ne viendra pas réveiller la maladie. « Nous avions ramené le produit mais une fois dans le champ, le tracteur s’est complètement embourbé, poursuit l’ouvrier. Nous avons mobilisé trois autres tracteurs pour pouvoir le sortir. Quand on a pu accéder aux parcelles infestées, il était déjà trop tard, le mal était fait, mais nous avons arrêté les dégâts. » Un voisin, 75 ans, la démarche alerte et le verbe haut, fustige d’emblée la qualité des produits : « Du temps du domaine autogéré, on nous ramenait des produits très efficaces, maintenant, tous les produits que les fellah achètent au souk de Tighennif ou de Mesra ne sont d’aucune efficacité, c’est de l’argent perdu ! Nous demandons à l’Etat de contrôler ces produits et de ne pas les laisser entrer dans le pays car ils nous font beaucoup de tort. »


Le jeune Abdelkader, dont les terres se trouvent à Oued Lili, est d’un avis différent : « Moi je n’utilise que les produits importés par la Coopérative des céréales et légumes secs (CCLS). C’est vrai qu’ils sont plus chers que ceux du marché noir, mais j’ai la satisfaction du résultat, reconnaît-il. J’ai traité dès les premiers symptômes et je suis rassuré. Je prie pour qu’il ne pleuve pas dans les prochains jours afin que le produit pénètre dans la plante ; je suis jeune et si j’ai un conseil à donner, c’est d’arrêter d’acheter n’importe quoi et de faire confiance aux bons produits que tout le monde connaît. Il faut cesser d’aller chez les charlatans ! » A la jumenterie de Tiaret, le chef d’exploitation reste serein : « Je ne me suis pas posé de question : les responsables nous avaient alertés, nous avons acheté à temps les fongicides et nous avons fait des traitements préventifs dès qu’il a été possible d’accéder aux champs.


Aujourd’hui, nous n’avons pas été contaminés. » Dans cette vaste plaine du Sersou, les fellahs restent désorientés face à ces nouvelles maladies dont ils ont de la peine à se débarrasser. Depuis la première alerte, une fois convaincus de la virulence des ces infestations, ils se sont tournés vers les CCLS qui ont la charge d’assister les fellahs et surtout de leur distribuer les fongicides dont ils ont un cruel besoin. Malgré une forte mobilisation, il est à craindre que ces produits viennent à manquer, ouvrant la voie à la spéculation.


ElWatan