Violences contre les femmes, dites-vous ?
Publié par Saida le Décembre 03 2010 15:20:23
S'il n'y avait que çà, on pourrait l'inscrire dans la lutte «biologique» du genre pour la suprématie ; mais cette violence s'exerce aussi bien sur les ascendants que sur les descendants. Il ne se passe pas un jour où de sordides faits divers, sont étalés dans la presse. Des jeunes «chi-chi» s'emparent d'une jeune fille, dans un quartier des hauteurs d'Alger, pour assouvir leur frustration sexuelle...

Nouvelles étendues
S'il n'y avait que çà, on pourrait l'inscrire dans la lutte «biologique» du genre pour la suprématie ; mais cette violence s'exerce aussi bien sur les ascendants que sur les descendants. Il ne se passe pas un jour où de sordides faits divers, sont étalés dans la presse. Des jeunes «chi-chi» s'emparent d'une jeune fille, dans un quartier des hauteurs d'Alger, pour assouvir leur frustration sexuelle.


Une petite fille à peine sortie des langes, est enlevée à Ain Tagourait ( Tipaza ) violentée et assassinée. Une mère de famille à Oran bat à mort son fils âgé de 3 ans et tente de maquiller le forfait en chute dans les escaliers. Une vieille mère reçoit en plein abdomen, une lame acérée que la main de son propre fils tenait rageusement. Les petits anges de Bordj Bou Arreridj et de Bordj El kiffan dont les corps furent retrouvés, après de vains espoirs, dans des puits. La palme revient à la Kabylie où les rapts avec violence ne se comptent plus. S'il est vrai que la région est encore infestée de bandes terroristes, ceci n'explique pas tout ; l'autre violence est malheureusement là. On retrouve, en dehors des perversions psychopathiques, la violence tout court, générée par l'appât du gain, Des familles entières vivant de la contrebande transfrontalière s'en prennent aux membres des services de sécurité en investissant les hôpitaux pour libérer leurs prévenus blessés. Ceci rappelle étrangement les mœurs de la Cosa Nostra sicilienne.


Que dire encore à ce garçon âgé à peine de 9 ans qui subissait en silence, les déviations sexuelles de son propre père. Dont il n'en parle qu'à la troisième personne du singulier. Il reproche au juge, qui lui a semblé vouloir protéger l'auteur du délit, son impartialité dans le traitement de l'affaire. Il avoue même que la rupture de son silence participe du souci de prévenir d'autres cas. Et vlan ! Pour une société qui prétendait être prémunie, par les préceptes islamiques, de la déshérence morale et comportementale. Les lieux du culte, jadis sacralisés par la bienséance religieuse, sont actuellement les arènes de joutes pugilistiques. La simple désignation d'un imam à la tête de l'office religieux peut soulever l'ire violente des fidèles. La pédophilie, cette double violence qu'on fait à l'enfant dans sa chair et dans son âme, est ce mal que portent, stoïquement, en elles des familles qui pensaient être invulnérables en matière de mœurs. Elles se croyaient prémunies par la bonne éducation de ses membres et les barrières morales du conservatisme généalogique. Que non ! Tout, malheureusement, fout le camp. Les femmes quant à elles, qu'elles soient au foyer, médecins ou mêmes enseignantes à l'université, dérogent rarement au statut de «Oulia» ancré dans l'esprit encore rétrograde de larges pans de la société. L'enfant lui-même, la regarde parfois de haut, s'agissant parfois même de sa propre mère. Les collèges sont, sans nul doute, le lieu où s'exercent le plus les tendances misogynes des petits mâles. Il n'est pas rare que des maitresses soient prises à partie. Rappelons-nous, cette enseignante assassinée sous les yeux de son propre conjoint qui n'a pu la protéger ce jour là. Le service de médecine légale de Tiaret a enregistré, la mort tragique d'une dizaine de femmes par violence maritale. Pas en reste, le collègue de travail, peut participer au passage à tabac mortel. L'enseignant macho peut, en toute impunité, par un coup vicieux condamner une adolescente à l'aube de sa vie, à la chaise roulante.


Cette déferlante, n'est pas née d'hier, son lit a été fait par les silences complices quand des débordements, d'abord verbaux, mettait en prise des antagonistes sous l'œil goguenard de badauds ou de parents. Deux jeunes frères de M'Sila en sont venus à l'irréparable à l'issue d'une dispute pour un prosaïque livret de famille. Les nerfs à fleur de peau, personne n'est disposé à faire l'objet de remarque encore moins de remontrance. Après le verbe, le geste pour laver l'affront est passé dans l'usage coutumier. Les transports publics sont devenus le théâtre privilégié de prises de bec véhémentes ou carrément de voies de fait que rien ne justifiait. La «redjela» va s'exprimer dans toute sa virilité ; et gare à la jeune fille qui osera gifler un gigolo pour l'avoir importunée, elle n'en sortira que le visage ensanglanté. La correction est toujours disproportionnée au tort subi. La réaction en chaine est ainsi enclenchée, la fratrie, le clan, le quartier, le douar lèvent «les centurions» et partent en raid contre l'outrance. Les rixes et les batailles rangées des gangs des villes en sont l'expression bruyante et folklorique. Ceci n'est pas sans rappeler les razzias d'antan avec le chantre bédouin en moins. Les épisodiques «intifada» à visage cagoulé et fronde antique dans la main, avec d'apocalyptiques colonnes de fumée et des youyous qui fusent des balcons, sont, par leur fréquence, devenues un pathétique vaudeville dont le refrain et l'épilogue sont connus par tous. Il se trouvera toujours un panel de sages pour faire ramener le calme. La ruralité de la ville, est dans le contexte, exprimée par ces épisodes guerriers dont le futile point de départ n'est souvent même pas retrouvé, ou à peine fallacieux. Les moments forts de cette immersion dans le terroir avec sa rudesse traditionnelle, est perceptible à la veille de Aid El Kebir, ou tout le monde se découvre l'âme du pasteur transhumant. De jeunes citadins, par, on ne sait quel phénomène biologique, se retrouvent entrain de cajoler le «kebch», même s'il arbore des cornes ourlées et dangereuses. Quant au bélier qui choit du balcon, faute de ne pas avoir été bien arrimé, ceci est devenu tellement fréquent que ça en devient anodin. Et voilà que l'objet de toute notre attention soutenue, est en fin de compte sacrifié, sans ménagement, sous un flot d'hémoglobine et l'œil médusé de l'enfant qui ne comprend rien. Cette douce violence, rituelle plus est, fascine par son cérémonial et ses relents de laine brulée. Que doit–il se passer dans l'esprit d'un enfant et en ce moment précis. L'image aussi violente que mystérieuse du rite, fera découvrir un père qui égorge et qui dépèce et une maman larmoyante devant une «tabouna» (réchaud -lessiveuse). Lui a-t-on au moins dit qu'à la vieille du sacrifice, l'animal doit être normalement nourri et que lors du geste sacrificateur, la lame bien aiguisée, doit être cachée à sa vue ? Mêmes les jouets, qu'on lui offre à l'occasion, vont de la réplique du pistolet à la mitraillette en passant par les jeux pyrotechniques.


Le Quotidien d'Oran