Festival de la chanson kabyle à Béjaïa : Hommage posthume à Cheikh El Mahdi

Le carton comprend, à partir de dimanche, un programme qui s’étalera jusqu’à la fin de la semaine, et où se relayeront les 9 troupes concurrentes venues de 7 wilayas.


Dans le hall de la Maison de la Culture, le décor est planté. Une reconstitution de la porte sarrasine, glissant de peu de sa grandeur nature, un rivage de sable fin où échoue un coffre, des récifs et une épave de goélette. Le tout enveloppé dans un voile de filet de pêche. Voilà pour mettre tout de suite le public dans l’esprit de la thématique de ce troisième festival de la musique et de la chanson kabyle de Béjaïa : l’art lyrique d’expression kabyle et la mer.Du folklore et des couleurs pour la cérémonie d’ouverture. Pour plonger la ville de Cheikh Sadek, Rachid Baouche, Bouhi, Inayen et Tamiti dans le festival, un défilé de chars fleuris, suivi des scouts, d’artistes et de pantins déguisés, prendra son départ de la maison d’hôte pour sillonner le principal boulevard marchand de la cité, la rue de la Liberté.


A l’ouverture, sur la scène transformée pour l’occasion en une proue, un bastingage et un fond de voilier, le chanteur Yacine Zouaoui, de retour d’une représentation à Montréal, de sa voie chaude et suave, enflammera d’emblée la salle avec une version kabyle de Ya Rayeh de Dahmane el Harrachi. Celina, au lever de rideau, déclamera des vers dont les maîtres mots dévoilent la mer, l’exil, l’appel de la sainte Yema Gouraya, le repère, l’identité, la nation. La scène fût ensuite livrée aux voix de l’ancienne et célèbre chorale féminine Tarbâath Lkhalath, à laquelle manquera la diva Cherifa, actuellement convalescente. Ce troisième festival de la chanson kabyle, qui a été institutionnalisé, parrainé par le chanteur-compositeur Kamel Hamadi, lui sera dédié et aussi à feu Cheikh el Mehdi.


Le carton comprend, à partir de dimanche, un programme qui s’étalera jusqu’à la fin de la semaine, et où se relayeront les 9 troupes concurrentes venues de 7 wilayas (Béjaïa, Sétif, Jijel, Tizi Ouzou, Bordj Bou Arreridj, Bouira et Boumerdés). Celles-ci, on ne s’en doute pas, se feront plus professionnelles qu’amateurs pour épater le jury présidé par le musicologue Mohamed Issoulah. Hors compétition, des vedettes locales et nationales animeront des soirées à Bejaïa, Souk el Tenine, Kherrata, Amizour, El Kseur, Akbou, et dans d’autres localités de la wilaya. Il y aura Boudjemâa Agraw, Bouhi, Wissam, Hasnaoui Amechtouh, Abdelkader Chercham et au gala de clôture, le crooner Cheikh Sidi Bémol.


Des conférences-débat articulées autour de la thématique du festival seront animées en parallèle.


A noter que cette fois-ci la troupe Mezal reviendra en hors compétition. C’est elle qui avait, pour rappel, remporté le premier prix du précédent festival de Béjaïa et de la dernière édition du festival de la chanson amazigh de Tamanrasset, devançant ainsi les lauréats des festivals de la chanson chaouie de Khenchela, targui d’Illizi et mozabite de Ghardaïa.


Retenons en substance cette phrase prononcée par Mme Benchikh, la représentante du département de Mme Khalida Toumi à la cérémonie d’ouverture, qualifiant la portée du festival de rayonnement culturel pour la promotion de l’art qu’il faut considérer d’un autre regard. Est-ce là un gage de promotion des cultures régionales en général ?


El watan

Saida, Algerie :